Incipit de Zadig ou La Destinée

Histoire Orientale

Voltaire

L’incipit de Zadig…qui est étudié ici est le premier paragraphe du Chapitre I : « Le Borgne »

Introduction :

-  Présentation rapide de Voltaire : auteur du XVIIIè, philosophe des Lumières.

- Il s’agit d’un conte philosophique qui s’organise autour de la recherche du bonheur et don le héros est Zadig.

- Annonce de l’axe étudié : ou bien la notion d’éloge ou bien la présence d’un Orient de convention

Lecture expressive

A/ Un éloge :

            Il s’agit d’un procédé rhétorique qui permet de parer un personnage ou une institution de toutes les qualités (déf. D’éloge). Ce procédé date de l’Antiquité et Voltaire comme beaucoup d’écrivains s’amuse avec ce procédé.

            Utilisation d’adjectifs mélioratifs qui posent le héros comme « né avec un beau naturel », « riche et jeune »…

            Une série de litotes (procédé qu consiste à dire le moins pour suggérer le pus) qui ne font que confirmer les qualités du modeste Zadig : l.4 : « Il n’affectait rien », « Il n’[insultait] jamais par des railleries », « Il ne se vantait pas de mépriser les femmes et de les subjuguer » (l.6-7 de la page 82), « Il ne craignait point d’obliger des ingrats » (l.8-9 page 82) = il n’avait pas peur d’être généreux ou bon à l’égard de gens qui n’auront aucune reconnaissance.

            Une métaphore autour de la notion d’amour-propre : «  Un ballon gonflé de vent dont il sort des tempêtes quand on lui a fait une piqûre » (l.4-5-6 page 82). Si on blesse l’orgueil, on peut s’attendre à des conséquences violentes.

            Référence à) un philosophe Zoroastre qui montre à la fois les connaissances de Zadig et le caractère infini de sa générosité (mise en valeur + citations = espèce de proverbe ou précepte (espèce de pensée générale qui constitue une sorte de référence)).

            Il est évident que le jeune Zadig est un scientifique éclairé ce qui est pour Voltaire constitue une vraie qualité (dernières lignes de l’incipit).

Conclusion :

            Voltaire met en scène un héros parfait pour plusieurs raisons :

- car en effet on est dans la perspective du conte où par définition, les héros sont jeunes et parfaits.

- parce que Zadig va servir de miroir idéal quand les défauts des autres seront violemment dénoncés.

B/ Un Orient de conventions :

            Dès le titre avec le nom du héros Zadig et avec le sous titre Histoire Orientale, le ton est donné : Volonté de Voltaire de nous transporter dans un ailleurs (les Milles et Une Nuits, ouvrage anonyme) mais caractère superficiel de cette volonté de couleur locale (pittoresque) [donner des noms propres au pays ou à la région].

            Dès la première ligne, présence de noms propres à consonance orientale « Moabdar », « Zadig », « Babylone ». Plus loin à la ligne 12 « Zoroastre » (x2), là encore volonté d’orientalisme, « chaldéens »

            Mais, dès les premières lignes, quand il s’agit d’évoquer la vie de la cour à Babylone, on s’aperçoit des similitudes avec celles que connaît l’auteur dans la France du XVIIIè. : « On était étonné…conversations » (l.6 à 11 page81-82). Critique de la cour de France. L’Orient n’est là que pour éviter la censure.

- railleries, médisances, propos superficiels, méchancetés, méconnaissance… (cf. Les Caractères de La Bruyère (moraliste du XVIIè. qui a critiqué les mœurs de la Cour dans ses Caractères).

            Les connaissances de Zadig en matière scientifique même si Voltaire se réfère aux Chaldéens sont très proches de celles d’un esprit éclairé du XVIIIè. (terre, soleil, 365 jours ¼…).

Conclusion :

On constate dès le début du conte que la présence de l’Orient correspond chez Voltaire à la fois à un jeu littéraire, à la référence d’une œuvre en vogue Les Milles et Une Nuits mais surtout que cet effet pittoresque cache une critique acerbe des mœurs de son époque.